by ERN European Rivers Network |
L'effacement de barrages |
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La
situation et le context en Europe - 2007
: L'effacement du barrage de Fatou ( La Beaume, affluent de la Loire,
Haute Loire, 6m Campagne en cours : -
La campagne pour le démantèlement du Barrage de Poutès
(Haute Allier, France, depuis 2005) env. 300 barrages ( la pluspart des petits) ont étés détruits (situation en 2008). Liens : - Liberando ríos
- Propuestas de WWF para el - Dam Removal on a Roll in Spain, 2008 : http://internationalrivers.org/en/node/3645 (english) - Video (short): the demolition of the Dam " Presa del Tranco", Río Manzanares - Madrid 2008, YouTube - Interview avec Pedro Brufao, Rios con Vida (Spain) http://internationalrivers.org/en/the-way-forward/river-revival/interview-with-pedro-brufao-rios-con-vida-spain (english)
2. L'effacement de barrages en Monde (ext.) : -
River Recovery trough dam decommissioning (British Columbia, Canada) - la liste de 654 barrages effacées eux USA de 1999 - 2006 (American Rivers website) en anglais -
The - Clearinghouse for Dam Removal Information (a neutral
clearinghouse to centralize and improve access to information on dam
removal) (disponible uniquement en anglais)
Note du ministère de l'environnement : L'effacement de barrages 22.octobre 1999
En France, trois barrages de 6 à 15 m de hauteur ont été récemment démolis sur des cours d'eau à poissons migrateurs afin de restaurer la qualité écologique de ces cours d'eau. Il s'agit des barrages de Kernansquillec sur le Léguer (Côtes-d'Armor), St- Etienne du Vigan sur l'Allier (Haute-Loire), Maisons-Rouges sur la Vienne (Indre-et-Loire). Contexte juridique La loi du 16 octobre 1919 sur l'utilisation de l'énergie hydraulique prévoit que les concessions ou autorisations d'utiliser l'énergie hydraulique sont accordées pour une durée limitée, ne pouvant excéder soixante-quinze ans. Elles peuvent être renouvelées et ce renouvellement donne l'occasion de réaliser un bilan entre les avantages socio-économiques liés au maintien de l'ouvrage (énergie, multi-usages, alimentation en eau potable, tourisme, etc.), et les impacts sur l’environnement. En fonction de ce bilan, l'autorité administrative décide de renouveler l'autorisation ou la concession, ou, au contraire, d'y mettre un terme et d'ordonner une remise en état des lieux. Les concessions concernent les ouvrages de plus de 4 500 kW (concessions de service public en droit français). En fin de concession les biens sont remis à l'Etat. Celui-ci décide à l'échéance de la concession, soit de renouveler le titre, soit d'affecter la retenue d'eau à d'autres usages, soit, le cas échéant, de démolir le barrage (aux frais de l'Etat). Les autorisations s'appliquent aux ouvrages de moins de 4 500 kW. Au terme de l'autorisation, les ouvrages restent dans tous les cas la propriété du pétitionnaire. Si l'autorisation n'est pas renouvelée, la loi du 16 octobre 1919 (art. 16 - 6ème alinéa) impose au propriétaire de rétablir le libre écoulement du cours d'eau à ses frais. Les autorisations délivrées antérieurement ont été maintenues pendant une période provisoire de 75 ans, soit jusqu'au 16 octobre 1994. Sur plus d'une centaine de dossiers de renouvellement de concessions ou d'autorisations, l'Etat en a refusé trois. Les barrages ont alors été démolis. En effet, les faibles intérêts économiques constatés de ces ouvrages et leurs impacts sur l’environnement ne justifiaient plus leur maintien. Réversibilité des aménagements Cette limitation dans la durée des autorisations, avec obligation de remise en état des lieux si l'autorisation n'est pas renouvelée, permet de mettre en oeuvre le principe de réversibilité des aménagements, si les inconvénients de l'ouvrage ont été sous-estimés par rapport aux avantages. Ce principe de réversibilité des aménagements a ainsi été mis en oeuvre en France notamment dans le cadre plan "Loire Grandeur Nature", adopté par le Gouvernement français le 3 janvier 1994. Ce plan d'ensemble pour la Loire a pour objectif de protéger les populations et de prévenir les inondations, tout en préservant les habitats et les milieux aquatiques, notamment le caractère "sauvage" de la Loire et de ses affluents. Dans ce cadre, un objectif important a été la sauvegarde des poissons migrateurs, dont le grand saumon de la Loire, seul saumon parcourant encore un grand fleuve en Europe (800 km de distance entre l'estuaire et les frayères). Le Gouvernement a ainsi décidé que les barrages anciens de St-Etienne du Vigan sur l'Allier et celui de Maisons-Rouges sur la Vienne, dont les impacts n'étaient plus compensés par un intérêt économique suffisant seraient effacés (voir ci-après). Il a par contre accepté le principe d'un certain nombre d'aménagements, après en avoir soigneusement vérifié l'utilité et minimisé les impacts par des mesures correctives et compensatoires appropriées. Il contribue ainsi au "développement durable" de la Loire. Toutefois, en matière de concession de service public, ce principe de réversibilité mériterait d'être complété car actuellement le concessionnaire tire les bénéfices de la concession, alors que la remise en état des lieux incombe à l'Etat, à l'issue de la concession. Kernansquillec sur le Léguer (Côtes-d'Armor) Contexte Ce barrage d'environ 15 m de haut sur le Léguer, en béton à voûtes multiples construit vers 1920, sous le régime de la concession, alimentait une papeterie en électricité. La retenue (400 000 m3), située à l'aval de zones agricoles, souffrait d'une forte eutrophisation des eaux et d'un envasement très important de l'ordre de 50%. La dernière vidange de la retenue effectuée lors de la visite décennale, réalisée en France tous les dix ans sauf dérogation, s'était révélée catastrophique pour la faune aquatique, ensevelie sous la vase. Lors de l'instruction de l'autorisation devant succéder à la concession, l'administration a indiqué au concessionnaire sortant les conditions de l'octroi du nouveau titre : notamment augmentation de la capacité des ouvrages évacuateurs de crue, désenvasement de la retenue. L'ancien concessionnaire a préféré renoncer à sa demande : les ouvrages ont été remis à l'Etat à la fin de la concession le 31 décembre 1993. Lors des crues de janvier 1995, sept maisons avaient dû être évacuées en aval sur la recommandation des experts, en raison de l'insuffisance des ouvrages évacuateurs de crues, l'eau étant prête à déverser par dessus le barrage. En outre, il fermait la rivière du Léguer à la circulation des saumons et autres poissons migrateurs. Compte tenu de son intérêt énergétique limité, de sa vétusté et des risques pour la sécurité publique et l’environnement, l'Etat a décidé de démolir l'ouvrage. Maîtrise d'ouvrage La maîtrise d'ouvrage a été assurée par l'Etat (ministère de l'Industrie). Le coût de 6,1 millions de francs a été supporté par l'Etat avec une aide de l'agence de l'eau. difficultés particulières Les principales difficultés ont concerné la vidange et les précautions à prendre en raison du fort envasement de la retenue et de la présence d'une pisciculture et de captages d'eau potable à l'aval. La vidange du barrage, autorisée par un arrêté préfectoral du 12 avril 1996, a été précédée d'un hydrocurage, sur l'axe du lit mineur, de 95 000 m3 de boues, avec traitement dans des lagunes de décantation afin de protéger la rivière en aval. Elle s'est terminée sans atteinte notable à la qualité des eaux grâce aux précautions prises. Le permis de démolir a été accordé par le préfet le 17 septembre 1996. Les travaux de démolition du barrage ont été achevés en 1996 sans difficulté particulière. Une opération de réhabilitation et de mise en valeur de l’ensemble de la vallée, y compris une friche industrielle proche du barrage, va être engagée maintenant par l’association de sauvegarde du Léguer. Contacts Le suivi de l'opération au niveau technique a été assuré par : Direction Départementale
de l’agriculture et de la forêt Une cassette vidéo (16 minutes) de la démolition et de ses objectifs a été réalisée par l'association Eaux et Rivières de Bretagne et est disponible (coût 60 francs + frais de port) à : - Centre d'initiation
à la rivière (M. Vincent LEFEBVRE) Kemansquillec on the Léguer river (Côte d'Armor) en anglais ! Pas de traduction disponible pour le moment
The context During the January, 1995 flood, seven houses had to be evacuated downstream upon the experts' recommendations, because of the insufficient capacity of the overflow works, as the water was about to overflow the dam. In addition, the dam prevented the passing of salmon and other migratory fishes. Considering its limited interest, its age and its potential dangers for public safety and the environment, the State decided to demolish the dam. Contracting of
Works Particular difficulties
The demolishing licence was granted by the Prefect on 17th September, 1996. The demolition of the dam was completed in 1996 without any particular problems. A rehabilitation and development operation for the whole valley, including rehabilitation of industrial areas near the dam, is now to be undertaken by the Léguer river protection association. Contacts
Direction departementale
de l'agriculture et de la forêt M Marc A 16
mn videotape on the removal and its object, carried out by the
Conseil Supérieur
de la Pêche (Bretagne), 84, rue de Rennes, 35510 CESSON SEVIGNE
Contexte La construction du barrage de St-Etienne du Vigan par un particulier avait été autorisée en 1895 en vue de l'éclairage de la ville de Langogne (Lozère). Haut d'environ 12 mètres de haut, sans dispositif de franchissement pour les poissons migrateurs, le barrage avait stérilisé 30 hectares d'excellentes frayères à saumons du Haut-Allier. A l'époque, les populations rurales avaient vigoureusement protesté (vainement), la pêche leur fournissant un complément de revenu appréciable.
The Dam when it collapse (June 24, 1998, St. Etienne de Vigan, France) Photo:ERN European Rivers Network Roberto Epple / SOS Loire Vivante La ville de Langogne a reconstruit le barrage en béton, quelques mètres à l'aval du premier barrage partiellement ruiné. Le barrage est devenu propriété d'EDF en 1950. En application du
plan "Loire Grandeur Nature", adopté le 3 janvier 1994 par le
Gouvernement français (cf. § 2 ci-dessus), le préfet
n'a pas renouvelé l'autorisation de ce barrage à son expiration
le 16 octobre 1994. Il a demandé à EDF de démolir
le barrage à ses frais pour rétablir le libre écoulement
du cours d'eau, en application de la loi de 1919. Maîtrise
d'ouvrage difficultés
particulières Contacts
EDF (M. MURA) DDE de la Haute
Loire ERN / SOS LOIRE
VIVANTE
Contexte Construit en 1922 sous le régime de la concession hydroélectrique, à 800 mètres à l'aval de la confluence de la Vienne et de la Creuse, le barrage de Maisons-Rouges présente une dénivelée de 4 mètres environ (à l'aval d'un bassin versant de près de 20 000 km2). Créé au départ pour les besoins d'une papeterie, il a ensuite été intégré dans le patrimoine d'EDF. La position de ce barrage, le premier depuis la mer, sa situation à une confluence de grandes rivières ont entraîné un fort impact sur de nombreuses espèces de poissons migrateurs. Notamment le saumon, qui souffrait déjà d'une réduction de l'accès à une partie des frayères, a disparu. Les aloses se sont cantonnées sur une frayère relictuelle à l'aval du barrage, avec des problèmes d'hybridation entre Grande Alose et Alose feinte. Les diverses passes à poissons construites ont eu une efficacité très faible, et les différents plans de réintroduction du Saumon sur la Gartempe, affluent de la Vienne, n'ont pas eu de résultats probants.
Photo:ERN European Rivers Network, Roberto Epple Dans le cadre du
plan "Loire Grandeur Nature" adopté le 3 janvier 1994, le Gouvernement
a décidé que la concession de ce barrage ne serait pas
renouvelée à son expiration le 31 décembre 1994
et que l'Etat, devenant propriétaire du site à l'expiration
de la concession, entreprendrait la démolition de cet ouvrage,
en raison de l'importance des impacts, non compensés par un intérêt
économique suffisant. Maîtrise d'ouvrage La maîtrise d'ouvrage a été assurée par l'Etat (Ministère chargé de l’environnement). L'opération a été conduite par la direction départementale de l'Equipement d'Indre et Loire et la maîtrise d'oeuvre par EDF. Le coût s'élève autour de 14 millions de francs. Il a été assuré par le ministère de l'aménagement du territoire et de l'environnement, avec des aides de l'agence de l'eau et d'EDF. difficultés particulières La principale difficulté a été l'opposition des élus locaux, en raison de pertes fiscales significatives pour plusieurs communes rurales. Elle a conduit à engager un plan d'accompagnement économique, de même importance financière que le coût de la démolition proprement dite. D'importantes aides ont été accordées par l'Etat, l'agence de l'eau, EDF et les collectivités territoriales pour des opérations de développement local. La démolition a été réalisée pendant l'été 1998, les difficultés techniques ayant bien été appréhendées par la maîtrise d'oeuvre. Après isolement d'une première moitié du chantier par des batardeaux permettant de conserver jusqu'à la fin août le plan d'eau nécessaire à l'irrigation des terres agricoles, la démolition a consisté essentiellement en un découpage des 3 rideaux de palplanches au chalumeau et en la démolition à la pelleteuse du corps du barrage. Un seuil noyé a été reconstitué en fond du lit de la rivière pour éviter, d'une part, des érosions régressives, prévisibles en raison de l'existence d'anciennes extractions massives de sable dans le lit de la Vienne et de la Loire, et d'autre part pour limiter la migration des sédiments situés en amont de la retenue. Les sédiments constitués de sable n'ont posé aucun problème de qualité. De nombreux pompages agricoles qui existaient dans la retenue ont été rétablis par l'Etat (le coût du rétablissement est intégré dans le coût global de la démolition). Par contre, un camping, proche de la confluence 800 m à l'amont du barrage, a subi un glissement de terrain et un des bâtiments présente quelques fissures, sans doute en partie à cause de la modification des écoulements des eaux souterraines liée à l'abaissement de 4 mètres du plan d'eau. Les aloses ont rapidement bénéficié de l'effacement du barrage : 433 aloses ont été capturées sur la Vienne à Chatellerault, 20 km à l'amont de Maisons-Rouges (91 dans la passe à poissons et 342 en pêche de sauvetage ; elles ont toutes été relâchées, parmi elles, 156 à l'amont du barrage) et 15 sur la Creuse à l'aval de Descartes, 12 km à l'amont de Maisons-Rouges. Des frayères actives ont été observées sur la Vienne à Chatellerault et sur la Creuse à l'Ilette. Des lamproies ont été observées sur la Vienne en aval du barrage de Chatellerault. Une recolonisation conséquente par la lamproie a été constatée sur la Creuse jusqu'à St-Gautier, sur la Gartempe jusqu'à Saulgé et sur l'Anglin jusqu'à Concrenier. L'observation en juillet 1999 d'un saumon vivant, de 88 cm de long et d'un poids de 4,8 kg, dans la Gartempe à Châteauponsac en Haute-Vienne est un signe encourageant. Il n’avait pas été observé de saumon à ce niveau de la rivière depuis les années 20, après la construction du barrage de Maisons-Rouges. Ce retour symbolique du saumon, après celui des aloses et des lamproies constaté cet hiver, confirme les effets bénéfiques de l’effacement du barrage de Maisons Rouges pour les poissons migrateurs. L'université de Chinon assure le suivi. Les premiers constats indiquent une importante reprise de la dynamique du lit, qui avait été fixé par le barrage. Contacts
Un film vidéo
de 8 mn et une plaquette photographique du chantier sont en cours d'édition.
Biblio :
Contexte
En raison de sa de vétusté, l'Etablissement Public Loire a décidé d'effacer le barrage du Fatou et ses équipements annexes, rejoignant ainsi les directives du SDAGE Loire-Bretagne. Un arrêté
préfectoral consécutif à une enquête publique
mi 2006, a autorisé l'Etablissement à effacer le barrage.
Un permis de démolir a ensuite été accordé
au printemps 2007. Deux pêches électriques de récupération et d'inventaire des poissons en aval ont eu lieu le 18 et le 20 juillet 2007, ce dernier jour correspondant également à la vidange de la retenue.
Maîtrise d'ouvrage Par le biais d'un
marché, EDF CIH (Centre d'Ingénierie Hydraulique) a réalisé
la maîtrise d'uvre ainsi que la coordination sécurité
sur le chantier. Les travaux ont débuté la première
semaine de juillet 2007. La technique employée consistait à
vidanger la retenue et dériver par l'intermédiaire d'une
conduite forcée l'intégralité du cours d'eau pendant
l'extraction des sédiments, afin d'éviter les risques
environnementaux. difficultés particulières
Contacts Etablissement Public
Loire DDE de la Haute
Loire ERN / SOS LOIRE
VIVANTE |
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